samedi 15 juillet 2017

Les couleurs du Tantra (et de la Magie)




On me demande souvent d'expliquer les couleurs du Tantra. D'ailleurs, vous pouvez changer "Tantra" par "Magie/Sorcellerie", car outre qu'il s'agisse dans l'absolu de la même chose, le combat est le même. Donc, d'aucuns parlent de Tantra blanc, vertueux et pur, d'autres de Tantra noir, peuplé de démons et de maléfices, ou encore de Tantra rouge, univers de la luxure par excellence. Et pour compliquer encore les choses, certains vous donnent en prime des définitions différentes. Bref, de quoi s'y perdre!

Et si je vous disais que le Tantra (comme la Magie, donc) n'a pas de couleur?

En effet, scinder le Tantra en diverses couleurs est une tendance typiquement moderne, pour ne pas dire new-age. Probablement dans une recherche de comprendre et de maîtriser la Connaissance. Mettre la nature dans de petites cases, pour changer. En outre, cette catégorisation n'a pas davantage de valeur ni de sens du point de vue des références anciennes et actuelles sérieuses.

Les couleurs que l'on attribue au Tantra font allusion aux sensibilités des modes spirituelles qui attachent bien trop d'importance à des nuances souvent artificielles. Oui, artificielles, car issues d'un psychisme, et non pas d'une conscience, tout puissant. En d'autres termes, cet arc-en-ciel tantrique n'est que la création de sentiments, d'émotions et de pulsions gouvernant tout le reste, paralysant une lucidité qui ne peut que naître d'un travail sur soi et d'expérimentation par la pratique, et non pas à travers une décortication intellectuelle.

Je vous ai moi-même parlé de Tantra rouge afin de redéfinir la place de la sexualité au sein du tantrisme (car le Tantra rouge est généralement associé à celle-ci), mais en vous expliquant toutefois que cette formule reste abusive, pour les raisons qui précèdent. Car, si certains amateurs des couleurs dans le Tantra leur accordent du sens, il faut absolument éviter de s'y cloisonner pour ne pas dénaturer ce que l'expérience tantrique est réellement.

Mais il y a encore une autre catégorisation, qui elle, à encore plus la dent dure, d'autant plus qu'elles ont chacune leur terme sanskrit : il s'agit de la voie de la main droite, ou Dakshinachara, chemin d’ascétisme et de morale vertueuse, et la voie de la main gauche, ou Vamachara, qui regroupe la somme des pratiques à caractère symbolique, psychique et rituelique où l'usage de la sexualité et de la mort, entre autres "tabous" et donc sources de puissance, sont utilisés comme ferment majeur à l'expérience de la félicité.

Au premier abord, le non-initié voit ici une apparente dichotomie, une opposition entre le bien et le mal, la réserve vs la luxure débridée, le blanc vs le noir. Souvent d'ailleurs, le Tantra blanc est vu comme celui de la voie de la main droite, et le Tantra noir comme celui de la main gauche.


Erreur de débutant, chers lecteurs, chères lectrices!


D'une part, l'aspirant tantrika pourra suivre chacune de ces deux voies au fil de son cheminement vers la maîtrise de son psychisme et l'éveil de sa conscience, l'une après l'autre ou même en alternance. D'autre part, et surtout ai-je envie de dire, ces deux voies ont exactement le même objectif : se libérer de l'emprise de ce monde, au sens large (c'est-à-dire également de nos propres limites), ce qui se fera en fonction du niveau de puissance spirituelle développé à force de travail sur soi, et ce PAR l'intermédiaire de la jouissance de ce même monde, qui EST vecteur de cette puissance.

Certains autres vous diront que la voie de la main droite est celle du service à Dieu et toute la dimension de moralité que cela présuppose généralement, alors que la voie de la main gauche serait celle ou l'adepte cherche à devenir Dieu lui-même, avec la libération de cette fameuse moralité. Encore une fois, ce discours exigu mélange un peu tout, empêchant par là même une compréhension sérieuse et appliquée du tantrisme originel.

Car, au risque de le répéter, le Tantra Yoga nous enseigne que Dieu est en chacun de nous et autour de nous, et que de fait, servir l'un est forcément servir l'autre, que s'unir à soi est s'unir à l'Univers et vice versa. Bref, pour atteindre véritablement et complètement l'un, il faut nécessairement rencontrer l'autre.

Au début de son cheminement, le disciple s'imagine suivre une voie qu'il estime de droite ou de gauche. Ce n'est pas tout à fait faux, mais encore ne faut t'il pas céder aux conclusions hâtives. En effet, tout comme la Terre est ronde et ramènera inexorablement deux chemins apparemment opposés au même point, seul l'ordre chronologique des expériences rencontrées et leurs impacts à un moment donné de la marche évolutive sont différents.

En résumé, les deux voies, gauche et droite, Vamachara et Dakshinachara, ramènent au même point, mais nous enrichissent respectivement dans une ordre variable : Dieu en soi et autour de soi, libre de jouir du monde et par le monde, avec la puissance que notre existence procure.

La voie du véritable Tantra Yoga, de la magie tantrique, du développement de votre conscience, de la maîtrise de votre psychisme, et donc de la liberté extatique, vous tente? Alors, bienvenue!

Texte sous copyright - tous droits réservés - 2017 - Liyane Bliksem

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